L des Gorges de l'Ardèche

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L des Gorges de l'Ardèche

Message  L'Antillais le Dim 23 Aoû 2015 - 17:55

Fraîchement revenu de Saint Martin d'Ardèche, l'Antillais tient à se fendre d'un petit debriefing, conscient de la frustration qu'engendre, chez les supporters des triathlètes arlésiens, la rétention d'informations relatives à leurs courses (n'est-ce pas Dark?)
Pour l'Antillais, il s'agissait de sauver une saison un peu calamiteuse, faite d'abandons odieusement raillés, de défaites contre Spip, ou, pire encore, de performances en natation similaires à celle de Mister, pourtant quasiment absent des bassins cette année.
On peut dire que la mission est accomplie, puisque l'Antillais a fini sa course. On peut déplorer, toutefois, qu'il ait réalisé un temps bien supérieur à ses espérances: 5h25 au lieu de 5h. Voici dans le détail le récit de ses mésaventures.
Tout a commencé par une courte nuit d'à peine deux heures, l'Antillais ayant eu la mauvaise idée de se réveiller à 1h30 du matin et de ne pas réussir à se rendormir jusqu'à 5 heures, moment prévu pour gagner les berges de l'Ardèche; heureusement, comme souvent dans ces cas là, le stress s'est avéré bénéfique, entretenant sa fébrilité et neutralisant la sensation de fatigue. Beaucoup moins de participants à ce tri L que l'an dernier: 400 bonshommes au plus se pressent pour entrer dans l'eau et cela rassure l'Antillais: la progression devrait être moins pénible. Et elle l'est, effectivement! A peine parti, votre serviteur, qui s'est prudemment positionné en queue de groupe, remonte les concurrents avec une déconcertante facilité: peu d'efforts, peu de coups pris, et une sensation de glisse en laquelle il se plait à voir des progrès décisifs. Nous passons le pont qui relie Saint Martin au Gard, le grain de sel, ce petit roc planté au milieu de la rivière et bientôt nous voilà sous le village d'Aiguèze, qui nous surplombe magnifiquement. C'est là que les choses se gâtent (un peu). Les arbitres nous avaient prévenus: vers le point de retour vers le port, l'eau vient à manquer; interdit, pour autant, de marcher, sous peine de disqualification. En vérité, l'eau monte jusqu'au genou, si bien qu'accomplir un mouvement complet est impossible. Je suis alors contraint, et ce pendant plusieurs dizaines de mètres, de recourir à un type de nage inhabituel: au lieu de brasser de l'eau, mes mains me servent à ramper, comme à quatre pattes, sur le fond de la rivière et je trompe ainsi la vigilance des arbitres jusqu'à ce que les fonds redeviennent plus appropriés. Malheureusement, une fois que la nage est à nouveau possible, mes belles sensations se sont un peu envolées: je fatigue, sur le retour, et tous les relais, partis trois minutes après nous, choisissent ce moment pour me tomber dessus; et là, oui, je prends des coups, dont un, bien douloureux, dans l'arcade. Je suis contraint de profiter d'une nouvelle surélévation des fonds pour réajuster mes lunettes; aucun arbitre ne m'a surpris debout au milieu de l'Ardèche, et j'échappe aux qqs disqualifications infligées durant la natation. Je sors finalement en 42 mn, ce qui, pour une distance de 1900 m, est très moyen; toutefois, mon GPS, qui sous-estime toujours les distances en natation, indique 2200 m. Peut-être ai-je accompli une natation honnête? Pas sûr, le parc est presque vide lorsque j'enfourche mon vélo...
J'aborde donc la partie cycliste avec une grande envie de bien faire; et comme j'ai de bonne jambes, les choses se passent très bien: une première boucle dans le Gard nous amène à franchir qqs petite côtes, où je double force concurrents; le coin est très sauvage, un renard me passe devant au début du parcours, nous traversons une âpre garrigue sans croiser ni village ni voiture (la route est interdite à la circulation). Après 40 km, nous revoilà à Saint Martin, pour le début de l'ascension sur la route des Gorges; ça monte et ça descend, sans arrêt, et le parcours devient usant, sous des nuages qui noircissent de plus en plus, et rendent le canyon sculpté par les eaux plus impressionnant encore. Nous croisons Sylvain Sudrie, futur vainqueur, qui a depuis longtemps atteint le point de retour et possède une avance phénoménale sur ses poursuivants. Après une petite averse, au point de retour vers Saint Martin, je boucle le vélo en 2H 35, à près de 30 km/h, malgré le dénivelé de 1200 m (si j'en crois mon GPS), supérieur de plus de 200 m au 900 et qqs annoncés. J'ai fait un bon vélo, je suis content, mais je suis un peu entamé en regagnant le parc... où, cruelle désillusion, les vélos semblent presque tous rentrés.
Commence alors le calvaire de l'Antillais; disons-le tout de suite, il mettra deux heures pour couvrir les 18 kms du parcours. Il faut dire que ce dernier est à la fois magnifique et épuisant: il s'agissait d'accomplir deux boucles dans le village d'Aiguèze, auquel on accédait par un étonnant "pont de bateau", alignement de kayaks dans la largeur, reliés les uns aux autres par des planches; évidemment, vous aurez reconnu le principe utilisé par les Romains pour relier les berges du Rhône, à Arles. Interdiction de doubler ici; d'ailleurs, le dispositif tangue dangereusement, surtout lorsqu'on le foule d'un pied mal assuré, meurtri par la fatigue. Après le pont c'est la montée vers Aiguèze, des escaliers interminables, où tout le monde marche, puis nous serpentons dans les ruelles médiévales avant de nous écarter du village jusqu'à un demi tour qui ramène vers Saint Martin. Là, d'autres bosses diaboliquement placées aux endroits où nous nous croyons tirés d'affaire viennent clore le parcours. L'Antillais se sort honorablement du premier tour, bien qu'il s'arrête à tous les ravitaillements; il court également à une vitesse assez médiocre, environ 11 kms/h. Mais le pire l'attend: sans doute usé par le vélo, il n'a plus de jus dans le deuxième tour et ses jambes le font atrocement souffrir: il ralliera l'arrivée en alternant marche et course, doublé par une multitude de coureurs. La fatigue est telle que des sanglots lui viennent, sans prévenir, à l'arrivée.
A présent qu'il est douché, qq peu reposé et qu'il compose ce (trop long) compte-rendu, l'Antillais est toutefois content de sa course, dont la difficulté avait été atténuée par les organisateurs: il aura fait une bonne natation et un bon vélo. Reste à comprendre pourquoi c'est dans sa discipline de prédilection qu'il se déçoit...
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Re: L des Gorges de l'Ardèche

Message  Numéro 9 le Lun 24 Aoû 2015 - 11:53

Crénom de nom, c'est pas un résumé de course, c'est une dissertation que nous a mis en ligne l'antillais !!

Numéro 9 a du s'y reprendre à trois fois pour comprendre que l'antillais avait terminé un L .

Bravo à lui !

Mais, comment peut-il croire posséder un point fort après 2000m de nage et 80 Km de vélo ?

Envolé le point fort de l'antillais....

Tchou, tchou, fais Numéro 9 en passant !!
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